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Le blog des Airelles

Le blog des Airelles

Bienvenue ! Les Airelles sont à votre service avec 17 ans de popotte chez Guy Demarle et ce blog pour vous proposer des recettes différentes de celles qui sont faites en ateliers ou cours de cuisine... Si vous passez par là, laissez un petit commentaire !

MEMOIRES...

 

 

 

dday2

 

 

 

 

Pour m'associer aux cérémonies de commémoration du 6 juin 44, voici quelques extraits des "mémoires" de ma mère qui avait 19 ans en 1940...

 

Pour rester dans le thème du blog, je m'en tiendrai cependant aux passages relatifs aux joies et peines des repas de l'époque...

 

Ma famille avait la chance d'habiter à la campagne, voilà comment elle s'est débrouillée !

 

 

1940

 

"... Comme cela commençait à devenir plus difficile, nous avions très peur d'un resserrement des victuailles. Aussi, j'eus l'idée de stocker du beau pain blanc. Au deuxième étage, j'avais installé deux grandes malles garnies de draps. J'y disposais des tranches de pains que j'avais bien desséchées dans les fours et étuves du grand fourneau familial ! Que cela nous a rendu service par la suite !

 

J'avais aussi accaparé une armoire à glace "désaffectée" et j'y rangeais tous les bocaux de canards, lapins, oies, poulets que je confectionnais avec les produits de ma basse-cour. Les grands saloirs étaient remplis d'oeufs en conserve ou de morceaux de porc salé, tué tous les six mois environ. Bref, nous vivions en autarcie. Nous avions deux ou trois vaches à lait. Ainsi, beurre, lait et crème étaient utilisés à volonté. Je revois encore le beurrier mis sur la table quotidienne... c'était un saladier !... et ma mère nous disait fièrement qu'il ne fallait pas s'en priver. Elle-même s'occupait des vaches avec mon frère. Personnellement, je n'ai jamais pu tirer le lait. Je recevais des coups de pieds de la vache et le seau était en général cabossé ou écrasé !!

 

Comme vous le pensez, la conservation des aliments donnait beaucoup de travail. Frigo et congélateur étaient inconnus ! Bocaux et pots en grès étaient à la mode.

 

La télé, bien sûr, n'était pas encore inventée ! Cependant, on restait gai, un rien faisait une distraction. Tout le monde s'entraidait : ce fut le règne du "troc" : viande procurée par la basse-cour, laine de nos moutons, miel de nos ruches, etc... contre épicerie, tissus, etc...

 

Ma bicyclette se révélait bien précieuse ! J'allais même assez loin parfois : 80 km dans la même journée, plus 20 autres pour téléphoner à mes parents ma bonne arrivée !"


 

Hélas, la situation ne s'améliore pas...1943 :


 

"le soir, une bonne soupe chaude de lait et de morceaux de pain composait le menu.

 

 

Et enfin, la libération !

 

"Les américains arrivaient avec plein de "cadeaux" : savonettes dont nous avions perdu les senteurs, pains de farine de maïs, délicieux, légers et si blancs..., naturellement, tabacs aux parfums oubliés. Ils nous offraient facilement des boîtes de leurs rations alimentaires... viandes et légumes, cela nous faisait rudement plaisir !

 

Ces dernières années bien mouvementées se terminaient enfin par une immense espérance : celle d'être enfin heureux et en paix."


 

Cette date du 6 juin me donne aussi l'occasion de penser à l'anniversaire de mariage de mes parents qu'ils n'ont jamais oublié de fêter : 6 juin 1945, la date n'avait pas été choisie au hasard...


 

"réunissant 80 personnes pour ce grand jour, c'était une prouesse, en ces temps de pénurie alimentaire, vestimentaire et sans moyen ou presque de locomotion !"

 

 

Alors, ça vous dit de cuisiner sans cuisinière électrique ou à gaz, sans frigidaire, sans micro-ondes, sans robot, sans Cook'in ???

 

Et là, je n'ai pas cité les passages les plus douloureux... Merci à nos parents d'avoir su nous témoigner de leur foi, de leur solidarité et de leur courage dans les épreuves...

 

 


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